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Au Ghana et dans la plupart des autres pays d’Afrique, il est courant de nourrir les ruminants avec de l’écorce de manioc (Manihot esculanta), mais comme cette racine a une faible teneur en protéines et qu’on ne connaît aucun supplément protéique qui lui soit compatible, on ne peut exploiter cette ressource à fond pour la production des petits ruminants. Dans l’étude présentée ici, nous avons déterminé si les feuilles de 3 plantes broutées, soit le chaya (Cnidoscolus aconitifolius), le ficus (Ficus exasperata) et le badamier (Terminalia catappa), conviennent (caractéristiques de la dégradation et synchronisme de la libération de l’azote et de la dégradation de la matière organique) comme supplément dans une ration à base d’écorce de manioc pour nourrir des moutons. Pour ce faire, nous avons utilisé 4 béliers Djallonké castrés pourvus d’une fistule ruminale dans une expérience réalisée suivant un dispositif en blocs aléatoires complets afin d'évaluer la disparition de la matière sèche, de la matière organique et de l’azote des 3 types de feuilles et de l’écorce de manioc. La teneur des feuilles de chaya, de ficus et de badamier en matière organique était respectivement de 93,1 %, 83,8 % et 90,3 % (P < 0,05), et la teneur en azote, de 3,4 %, 3,1 % et 1,7 % (P < 0,05, en fonction de la matière sèche). Quant à l’écorce de manioc, sa teneur en matière organique et en azote était de 95,3 % et 1,0 %, respectivement. Après une incubation de 24 h, la disparition ruminale de la matière sèche des feuilles de chaya, de ficus et de badamier et de l’écorce de manioc était respectivement de 79,0 %, 36,4 %, 48,0 %, et 43,0 % (P < 0,05). Le rapport entre l’azote libéré des feuilles de chaya et la matière organique de l’écorce de manioc était de 1/16 ou moins durant la période d’incubation ruminale de 24 h, tandis que pour les feuilles de ficus il était de 1/31 durant les premières 8 h, et de 1/25 après 12 h d’incubation. Quant au rapport déterminé pour les feuilles de badamier de 4 à 24 h d‘incubation, il allait de 1/51 à 1/63. En raison de leur forte teneur en azote et du rapport de 1/33 entre la libération d’azote et la teneur en matière organique, valeur qui dénote un synchronisme idéal, les feuilles de ficus sont celles des trois feuilles broutées les mieux adaptées pour servir de supplément, car elles sont susceptibles de fournir un apport d’azote adéquat pour l’optimisation de la synthèse protéique microbienne ruminale chez le mouton nourri à l’écorce de manioc.
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