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Les aliments renfermant peu de résidus de pesticides sont en demande croissante sur le marché. Nous avons donc entrepris une étude visant à réduire la quantité de résidus de chlorprophame (N-3-chlorophényl carbamate d’isopropyle) sur les pommes de terre (Solanum tuberosum L.) entreposées, ce composé étant un inhibiteur de la germination appliqué après la récolte et couramment utilisé partout dans le monde. L’éthylène gazeux est un autre inhibiteur de la germination efficace, sécuritaire et non toxique, utilisé dans plusieurs pays. Toutefois, s’il est utilisé seul, l’éthylène gazeux entraîne parfois une altération de la couleur des produits transformés de la pomme de terre. Dans le cadre de l’étude, d’une durée de 3 ans, nous avons utilisé des pommes de terre Shepody (frites) et NorValley (croustilles), en vue de déterminer si la combinaison de doses réduites de chlorprophame et d’éthylène gazeux permet d’empêcher la germination tout en obtenant des produits transformés de bonne couleur. Nous avons appliqué aux pommes de terre des doses de chlorprophame correspondant à 0, 0,1, 0,25 et 1,0 fois la dose recommandée, puis les avons exposées à 0 ou 4 μl-1 d’éthylène gazeux 1 jour sur 4, 1 jour sur 2 ou de façon continue, selon un plan factoriel. Toutes les doses de chlorprophame ont eu un excellent effet inhibiteur de la germination chez les deux cultivars, à l’exception de la dose de 0. De plus, l’exposition continue à l’éthylène a permis d’inhiber la germination chez les deux cultivars. Toutefois, toutes les doses d’éthylène, à l’exception de la dose de 0, ont entraîné une altération de la couleur des produits transformés des deux cultivars. Il existait une relation entre l’effet sur la couleur et la dose, l’altération étant la plus prononcée dans le cas des pommes de terre exposées de façon continue que dans le cas des pommes de terre exposées de façon intermittente. Après le changement de couleur initial, les pommes de terre exposées à l’éthylène de façon continue pâlissaient progressivement en cours d’entreposage. Les tubercules Shepody semblaient plus sensibles à l’éthylène que les tubercules NorValley. En effet, chez Shepody uniquement, les pommes de terre exposées à l’éthylène 1 jour sur 4 devenaient progressivement plus foncées au cours de l’entreposage.
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