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[11] La Taittirîya‑upanishad élabore du côté brahmanique la théorie des kosa, les „enveloppes“ de l’identité. Le for intérieur de l’homme, qui est à la fois conscience et connaissance, est identifié au suprême. Entre le corps et la conscience il n’y a qu’une différence de degré, ils son enchâssés l’un dans l’autre. L’enveloppe extérieure, la plus grossière, est corporelle, et également celle qui, étant la base matérielle, est à l’origine de toutes (inversion). Depuis l’extérieur vers l’intérieur, la Taittirîya reconnaît les enveloppes suivantes : annamaya, faite de nourriture (la matière, le corps); prânamaya, faite de souffle; manomaya, faite du mental ou de la pensée (manas: mens (lat.), „mind“); vijñânamaya, faite de conscience (qui n’a plus rien à voir avec l’ego); ânandamaya, faite de ânanda, satisfaction‑sans‑besoins ou contentement, en quelque sorte; ce niveau précède la libération, moksha, de laquelle rien ne pourra jamais être dit ou en tout cas témoigné sur le plan subjectif. Chaque kosa joue le rôle d’horizon de libération ultime pour le précédent mais se déplace aussitôt approché, et ceci dans les deux sens. La libération absolue ne peut elle-même être pensée qu’en tant que relative. A mesure que, sur le chemin de la délivrance, nous approchons le centre du cœur (terminologie du yoga; le cœur étant également le siège de la pensée), la subjectivité relative se dissout de plus en plus dans le néant, elle disparaît. Plus nous approchons le moksha au sein du „refuge du cœur“, moins il est possible de parler de subjectivité, de jîva (unité de vie individuelle), etc. Pour la Taittirîya et autres upanishad, voir: Upanishad, sous la dir. de Carlo della Casa, U.T.E.T, 1976 , pp. 281-302, ou The Principal Upanishads, trad. & dir. par S. Radhakrishnan, George Allen & Unwin LTD, Londres, 1953, pp. 525-565. Pour une partie de traduction, voir: „Taittîriya Upanishad“, in Le Veda. Premier livre sacré de l’Inde, t. 2, textes réunis et présentés par Jean Varenne, Marabout Université, Paris 1967, pp. 670-683. Egalement: Kausitaki Upanishad, Svetasvatara Upanishad, Prashna Upanishad, Taittiriya Upanishad, tr. par L. Renou, A. Silburn, J. Bousquet, Em. Lesimple (un volume), Librairie d’Amérique et d’Orient, Paris, 1978.
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