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D’abord, il y avait les histoires que me racontaient mes grands parents : comment les Sioux des Premières nations peignaient sur des peaux l’histoire des guerres et tout ça. Et je n’en avais jamais vraiment vu avant d’aller en France. Là, j’en ai vu et j’étais capable de les interpréter. Juste en les regardant, je pouvais dire ce que la peinture essayait de transmettre. En 1969, on m’a demandé d’aller en Europe. On a eu de la chance que les Français voulaient que nous allions visiter la France et danser devant le Musée de l’homme. On a donc dansé pour eux, on a assisté à un banquet et ils nous ont montrés les tipis et les collections d’art qu’ils avaient rapportées d’Amérique du nord. Ils avaient des tipis vieux de plusieurs siècles et des peintures sur peau. Et c’est là que j’ai commencé à m’intéresser à tout ça. Et puis nous avons visité le musée et il y avait 20, 30 peintures sur peau des Dakotas, Arikaras et Blackfoot. Ils avaient même des chemises en peau de chèvre qui s’intègrent bien à mon art. Nos guerriers se servaient de ces chemises. Je suis donc rentré chez moi et j’ai raconté ça à ma femme et nous avons commencé…j’ai trouvé des peaux. Au ministère des Affaires indiennes, il y avait un collectionneur d’art qui venait de temps en temps, et il est venu chez nous et est reparti avec une de mes peintures. Je n’ai aucune idée comment John Warner l’a su, mais il a entendu parler de mes peintures et il est venu me rendre visite à la réserve. Il en voulait au moins dix.
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