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Le troisième volet consiste à faire valoir le caractère central des agents humains dans le dénouement des DS et à montrer le rôle important qu'ils jouent dans chacune des trois logiques. Déplorant le peu de place occupé par les agents dans la théorisation du DS, les auteurs accordent un rôle spécifique à ce qu'ils appellent la sensibilité du DS. Ce facteur, qui s'applique à la manière dont se déroule le DS, correspond à une forme d'empathie permettant à un agent de percevoir les motifs d'un autre, et, ce qui est capital, le fait que, parfois, son attitude peut être motivée par la peur. C'est pourquoi, évoquant la perspective fataliste, les auteurs avertissent qu'il nous faut reconnaître l'incidence de la peur sur les politiques internationales, et ils se penchent sur cette lacune en RI. L'idéologie joue un rôle tout aussi important, puisqu'elle incite souvent les leaders à imputer une hostilité accrue aux ennemis idéologiques. Selon la logique atténuante, ces facteurs humains représentent un mélange de sensibilité du DS, de personnalités et de conscience du potentiel de signaux des positions militaires. C'est à ces mêmes facteurs que serait attribuable la fin de la Guerre froide. Enfin, dans la logique transcendante, la confiance est l'ingrédient essentiel et la stratégie transcendante fondamentale. Alors que les interprétations rationalistes de la confiance négligent la nature de celle-ci, à savoir qu'il s'agit d'une relation réfléchie bidirectionnelle, les auteurs élaborent, pour leur part, un cadre de réflexion qui souligne son assise émotionnelle et sa dimension « bond dans l'espoir ».
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