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À son retour de Rome en 1891, l'abbé De Lamarre assuma des tâches d'enseignement, d'encadrement, d'animation et d'administration au séminaire (le petit et le grand) de Chicoutimi. Il fut notamment supérieur du séminaire de 1899 à 1905 et procureur de 1905 à 1908. En fait, son nom est surtout associé à la création et à l'expansion d'œuvres pieuses et charitables, dont certaines connurent une destinée remarquable. Le filon conducteur en est la dévotion à saint Antoine de Padoue, que l'on peut sans doute attribuer à un pèlerinage que l'abbé De Lamarre fit à Padoue, en Italie, en 1891, et qui fut renforcée par des échanges fréquents entre le prêtre et le propagandiste italien de cette dévotion, le chanoine Antonio Locatelli, avec qui il s'était lié d'amitié au moment de son séjour à Rome. Les récollets avaient commencé à susciter l'intérêt pour le saint homme de Padoue auprès des catholiques de la Nouvelle-France au xviiie siècle. Des ordres et des congrégations de la famille franciscaine en avaient assuré la survie jusqu'à ce que la dévotion connaisse un important regain de popularité au moment du réveil religieux catholique que connut la province de Québec dans la seconde moitié du xixe siècle. L'action de l'abbé De Lamarre s'inscrivit donc dans le contexte de la propagation de la piété ultramontaine et de l'expansion de dévotions populaires caractérisées par une forme intense d'émotivité.
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