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Il s'agit du cas de la jeune Emily Eaton, âgée de 12 ans, atteinte de paralysie cérébrale avec de multiples limitations fonctionnelles, y compris une déficience visuelle. Pendant trois ans, Emily avait été dans une école intégrée du voisinage. Lorsque les enseignants ont décidé de la placer dans une classe spéciale, ses parents ont objecté et contesté la décision du Conseil scolaire jusqu'en Cour suprême. Se prononçant au nom de la majorité, le juge Sopinka a affirmé que la décision du Conseil scolaire ne contrevenait pas à l'article 15 de la Charte. L'analyse de cette décision a prouvé d'une part qu'au titre de la Charte, le gouvernement canadien est tenu d'accommoder les besoins des personnes handicapées; mais d'autre part, la Cour a présumé qu'un milieu scolaire intégré désavantage les enfants qui ont besoin d'une attention spéciale pour s'épanouir. Selon Pothier, le juge a conclu son analyse par un puissant « pour votre propre argumentaire » qui, émis selon le point de vue d'une « personne non handicapée », occultait les droits des personnes avec des déficiences[86].
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