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Originaires du pays de Galles, les parents de William Price émigrèrent dans le Middlesex à la fin du xviiie siècle. Vraisemblablement, la famille appartenait à la couche supérieure de la moyenne bourgeoisie, et même si sa situation matérielle devint très précaire après la mort de Richard Price vers 1804, la mère de William, avec huit enfants à sa charge, put compter sur des amis haut placés dans les affaires et le gouvernement. William, qui après quelques années d’études au Hammersmith College à Londres était entré comme clerc chez un cousin, avocat de l’Inner Temple, dut renoncer à cette carrière. À l’âge de 14 ans, il entra à l’emploi de Christopher Idle, un important négociant londonien. Six ans plus tard, le 10 mai 1810, il débarquait à Québec, comme commis de la succursale d’Idle, moyennant £135 de gages par année. Une grande partie de la correspondance entre Price et ses parents et amis durant ces premières années a été conservée. Ces lettres témoignent d’une bonne culture, en dépit des études interrompues, et surtout de sentiments familiaux qui demeurent très vivaces malgré l’éloignement. Le frère aîné de William, David, qui commerce avec le Portugal et l’Amérique latine, assume le rôle du père et suit attentivement la carrière de son cadet, lui prodiguant des conseils et excitant son ambition : « Si tu ne retires que ton salaire de ce séjour à Québec, lui écrit-il, considère que ce déplacement aura été inutile. » Et, dans une autre lettre : « J’ai confiance que le Ciel nous fortifiera, nous permettra de réussir et d’avoir un jour une position indépendante. » Cette solidarité ne s’effrite pas avec le temps : en 1817, William prête ses économies à son frère Samuel, au bord de la faillite, et en 1843, lorsqu’il sera lui-même en difficulté, David passera au Canada afin de lui apporter son appui moral et financier.
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