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Plus tard, nous allâmes vivre à Palme de Majorque. Je voulais être hôtesse de l'air. Ma mère me raconte encore qu'elle pleura beaucoup, mais qu'elle n arrivait pas à me faire changer d'idée. « Tu es si têtue... », me dit-elle. C'est qu'être hôtesse était pour moi une aventure permanente, pour ma famille, par contre, c'était un déshonneur. « Toutes ces femmes sont des putains, Marieta Antònia », m'affirma un ami de mon père. Mais je ne les écoutais pas, je voulais être comme Doris Day dans un film dont le nom m'échappe, elle sauvait un avion et tous les passagers. Entre temps, j'avais déjà écrit un conte, j'avais un roman à moitié terminé. C'est alors qu'à vingt ans je découvris mon pays et j'appris que la langue que je parlais servait pour tout. Je commençai donc à écrire en catalan.
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