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Une fois le collège construit à coups de corvées et de dons de matériaux, Painchaud n’est pas au bout de ses tribulations. Il faut des maîtres. D’une part, l’autorisation de l’archevêque au projet de Painchaud repose en partie sur la crainte de voir s’ériger un collège laïque à quelques milles de la paroisse. D’autre part, Panet répète à qui veut l’entendre que Painchaud lui a assuré ne pas avoir besoin d’ecclésiastiques. Enfin, on ne pense pas encore à Québec que le collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière pourrait offrir, dans les années suivantes, un cours complet d’études classiques, susceptible de concurrencer le séminaire de Nicolet ou celui de Québec. Et comment d’ailleurs, à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, dès les débuts, des régents pourraient-ils poursuivre leurs études théologiques sans encadrement ou presque ? Toutes ces considérations bien pesées, on estime que des finissants laïques du séminaire de Québec pourraient aller enseigner dans le nouvel établissement. Nul besoin donc d’étudiants en théologie pour y donner des cours. Pour obtenir qu’on nomme un prêtre comme directeur et qu’on choisisse des étudiants en théologie comme professeurs, Painchaud ne manque cependant pas d’arguments. Il négocie avec l’archevêque en faisant valoir que la fondation dont il est à l’origine a, entre autres, empêché la création d’un établissement laïque. À l’automne de 1829, il place l’archevêque devant un fait accompli – l’immeuble est construit – et un ultimatum : ou on lui fournit des aspirants au sacerdoce sous l’autorité de l’archevêque pour servir de maîtres, ou Painchaud lui remet le collège. Compte tenu des ressources humaines disponibles et tout en acceptant qu’on le serve après les collèges plus anciens, Painchaud réussit à obtenir du personnel ecclésiastique. Il ne pourra se plaindre que de la qualité des sujets qu’on lui donne.
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