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Aujourd'hui encore, il arrive que le prêtre reçoive le corps du défunt dans le porche en compagnie de quelques-uns des participants. Après avoir dit un répons, un petit cortège part en direction du presbytère, relique de l'ancien cortège à pied qui venait de la maison du mort. Dans certaines villes, la famille la plus proche n'entrait pas dans l'église. Elle demeurait à la porte auprès du défunt, accompagnée des pleureuses, et se faisant représenter à l'intérieur par d'autres membres de la famille. Les offrandes étaient également laissées dans le porche, pour être introduites dans l'église au moment de l'offertoire. De sources historiques du XVIIe siècle, on sait qu'il était d'usage comme offrande principale d'emmener dans le cortège un animal, généralement un mouton ou deux boufs, qui allaient en tête ou à côté du cercueil. Et en arrivant à l'église, l'habitude était d'attacher ces derniers à un anneau qui était fixé à cette fin dans le mur. On peut en voir encore dans certains porches comme celui d'Aizarnazabal, où l'on amenait l'animal recouvert d'un manteau que prêtait la paroisse et portant une tranche de pain fichée sur chaque piton. On évaluait les offrandes selon la classe des funérailles. C'est ainsi qu'on a la preuve qu'au XVIIIe siècle lors des grandes cérémonies, on emportait aussi en guise d'offrande un bouf vivant, lequel à l'issue de l'office était renvoyé à la ferme. À sa place, on payait pour son poids la somme correspondante, laquelle était remise au curé en dédommagement de ses services lors des obsèques. Au XIXe siècle, lorsque mourait le seigneur ou la dame de quelque grande famille, la tradition était respectée. Il y avait des animaux dans les cortèges : des boufs en tenue de gala portant couverture noire et croix dorée, clochettes, ou un fringant jeune taureau portant fleurs et rosettes sur les pitons; on emportait également des moutons, des porcs engraissés ou des volailles jusqu'à l'entrée principale du lieu sacré. Quoique les Juntas Generales et le Conseil de Castille tentèrent de supprimer le rite, on sait que l'offrande du bouf paré de tous ses atours dans la tradition continuait de se pratiquer en 1917 dans le hameau d'Oikia de la localité de Zumaia.
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