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En 1882, au moment où il était le libéral qui avait siégé le plus longtemps à la chambre, « Honest Joe » mit fin à sa carrière politique. Cette année-là, il s’opposa au remaniement arbitraire des circonscriptions par les conservateurs, cette « monstruosité » qui retranchait le canton d’Ancaster de sa circonscription. Au débat sur le projet de loi sur la représentation électorale, en mai, irrité par le député conservateur de Lincoln, John Charles Rykert, Rymal pointa le doigt vers lui et le traita de « politicien de dernier ordre », ajoutant que « dix mille esprits comme celui qui anim[ait] l’honorable collègue d’en face pouvaient loger dans le crâne d’une puce et avoir encore autant de place pour jouer que deux grenouilles dans le vaste sein du lac Ontario ». Invoquant des raisons de santé, Rymal ne se présenta pas aux élections suivantes, mais il semble que sa décision ait eu quelque rapport avec l’insatisfaction exprimée par certains libéraux de sa circonscription et la conviction qu’un candidat plus jeune aurait de meilleures chances de succès. (C’est, de fait, un candidat âgé de 46 ans qui l’emporta, un autre agriculteur de Barton, Lewis Springer.) Au dîner organisé pour lui en témoignage d’estime, on remit à Rymal une chaîne et une montre en or, qu’il accepta ainsi : « Durant les soixante ans de ma carrière, je crois que je n’ai jamais porté de montre soixante jours, mais pour l’amour du parti libéral, je porterai cette babiole. » Tel Cincinnatus, il résolut de retourner à sa charrue : « comme un brave valet de ferme, je sifflerai et chanterai, et toujours le refrain sera Que Dieu protège le Roi ». Bien qu’il ait eu quelques relations dans les milieux d’affaires – il avait été dans les années 1870 membre du conseil d’administration de la Victoria Mutual Insurance Company –, Joseph Rymal ne fut jamais un homme riche. Il mourut de « cyolitis » (probablement de colite) en 1900, après cinq semaines de maladie ; on l’inhuma dans sa ferme natale.
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