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J’avais beaucoup réfléchi aux artistes – américains notamment – ayant réalisé des œuvres post-11 septembre. Avec le sentiment qu’en un sens, il était impossible d’y échapper. Dans ces œuvres apparaissait le fait que ces artistes avaient dû se confronter à l’événement. Que ce soit évoqué consciemment ou non, c’était un événement qui s’imposait à la conscience. Qu’il fallait digérer. Dans l’espace public, avec les questions de sécurité que cela implique, on ne peut pas ne pas penser aux attentats ; et en même temps c’est un terrain glissant. Ça peut vite virer à une forme de gargarisation, ou de mémorial jouant sur les émotions. Et en même temps, je le répète, j’ai le sentiment qu’on ne peut pas y échapper. Qu’on le veuille ou non, on y pense, les danseurs y pensent, les spectateurs vont y penser ; du coup c’est à nous de traiter ça. Je crois que la vitesse est justement un traitement possible. La vitesse et la pléthore : charrier des mots, des informations, parmi lesquelles Charlie Hebdo, les dessins, la mort. Mais pas que. Nous abordons les choses de biais, à partir de la question de la caricature, de la durée de vie des dessins. Nous parlons d’ailleurs davantage de Reiser – qui est mort du cancer – que de Charb ou de Cabu. Parmi les textes, il y aura des choses très différentes – je ne sais pas si je peux les évoquer, tant cela peut encore changer. J’ai le sentiment que la vitesse est ce qui permet de percuter, de connecter ces bouts ensemble – les voix et la vitesse. Dans manger, nous pouvions relier Josquin Desprez, Beethoven, Christophe Tarkos, en passant par tout un dégradé de tonalités, de sonorités. Là, il suffit d’un mot pour changer de discours, pour passer à un autre type d’énoncé.
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