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Parmi les dessins de Rodin, près d’un millier sont communément considérés comme des des-sins érotiques, dessins que l’artiste n’enfermait pas dans un cabinet privé, mais qu’il cherchait à montrer en regard de ses sculptures, confirmant leur statut de grande œuvre. Les quelques quatre-ving-dix dessins exposés à la Fondation Gianadda font partie de cet ensemble excep-tionnel. L’artiste y révèle le travail intime et fervent auquel il s’est principalement livré au cours des deux dernières décennies de sa vie. Instaurant une connivence, voire une véritable complicité, avec ses modèles, il les amenait à prendre des attitudes inédites, sensuelles, extra-vagantes, à se caresser, à dévoiler les parties les plus secrètes de leurs corps, à s’ouvrir, tou-jours plus largement et de façon parfois acrobatique, pour montrer sans ambiguïté et sans fausse pudeur, leur sexe, leur plaisir, leur attente. Le sexe de la femme, ce siège des forces et des énergies vitales, presque toujours exposé, est situé au premier plan de la feuille. Dessiner le sexe, c’est dessiner ce qu’il y a de plus vrai. Dans ses dessins, d’une audace et d’une liberté extraordinaire, Rodin ne cesse de cerner, au plus près, la vérité des corps.
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