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According to Indian “traditional” stereotypes, non-subjectivation is a real alternative, while duality and differentiation are the result of avidyā, ignorance. The dispossession of one’s self is culturally valued, posited and cultivated even outside the guru-śišya relation. This refusal of the affirmation of the self has a long, interesting history quite beyond the anhistoricity allotted to it. But although it weakens the binaries, it doesn’t prevent domination. There is a paradox in the fact that renouncing the self – as used in some Asian philosophies of life – requires at least a minimum of individual, subjective will, and thus some assertion of the self; this is an intimately political act. It is as if escaping the tyranny of the social order could only be achieved by a sidestep outside the system. The sidestep ideally means bypassing language and thus avoiding the division of reason (which results from the fact that we originate and we think with the gender difference as our starting point[21]). There is for the Taoists a “supreme void” before any division, named Qi, which is the receptacle of both yin and yang within an undifferentiated but doubly constituted, unity (doubly: full/empty; movement/rest; feminine/masculine): a fundamental unity that prevails over the splits. It is true that both in Chinese as well as in Indian antiquity (see Nāgārjuna), dichotomies are seen as symmetrical and equal because it is the easiest way to conceive of the two as inducing harmony. This is comparable to the situation in western thought where the pretended symmetry of the binaries in thought plays the historicising game of the dominant hegemony and where, by a universalising manoeuvring, the pretended symmetry impedes the view of the inequality inflicted on the particular element (and the goal of such impediment is – not to allow the particular to speak or to challenge power). Not only such schools as Taoism, Buddhism, but also the Indian philosophical school of Sāmkhya recognize some “primary” level or instance as the origin or context of reason undivided. (It often has a feminine and materialistic character moreover). That “primary” space is a universe not-yet-split, resembling Qi; it could be called universal and neutral regarding the differences (particulars) it hosts. But within language, we are always already within the partage.
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Selon les stéréotypes indiens « traditionnels », la non subjectivation est une véritable alternative, tandis que la dualité et la différenciation sont le résultat de l’avidyā, l’ignorance. La dépossession de soi est culturellement valorisée, établie et cultivée, y compris en-dehors de la relation guru-śišya. Ce refus de l’affirmation de soi a derrière lui une longue et intéressante histoire, bien au-delà de l’anhistoricité qu’on lui prête. Mais bien qu’il désarme les raisonnements binaires, il n’empêche pas la domination. Il y a un paradoxe dans le fait que le renoncement au soi – tel qu’il est pratiqué dans certaines philosophies asiatiques de la vie – suppose au moins un minimum de volonté individuelle, subjective, et donc une certaine assertion du soi ; c’est là un acte politique intime. C’est comme si le fait de se soustraire à la tyrannie de l’ordre social ne pouvait se faire que par un pas de côté, en-dehors du système. Idéalement, le pas de côté signifie outrepasser le langage, et éviter ainsi la division de la raison (qui est due au fait que nous sommes issus de, et que nous pensons à partir de la différence des genres[21]). Pour le taoïste, il y a un « vide suprême », avant toute division, appelé Qi, et qui est le réceptacle à la fois du Yin et du Yang au sein d’une unité indifférenciée, mais doublement constituée (plein/vide ; mouvement/repos ; féminin/masculin) : une unité fondamentale qui prévaut sur toutes les scissions. Il est vrai qu’aussi bien dans l’Antiquité chinoise qu’indienne (voir Nāgārjuna), les dichotomies sont considérées comme symétriques et égales, parce que c’est le moyen le plus facile de concevoir les deux comme induisant l’harmonie. Ceci est comparable à la situation dans la pensée occidentale où la prétendue symétrie binaire dans la pensée joue le jeu historicisant de l’hégémonie dominante, et où, par une manœuvre d’universalisation, la prétendue symétrie empêche de voir l’inégalité infligée à l’élément particulier (et la visée de cet empêchement est de ne pas permettre au particulier de parler ou de conquérir le pouvoir). Comme le taoïsme et le bouddhisme, l’école philosophique indienne du Sāmkhya reconnaît un degré, ou une instance « primaire » comme origine ou contexte de la raison indivise (qui a souvent, en outre, un caractère féminin et matérialiste) : cet espace « primaire » est un univers pas encore scindé, qui ressemble au Qi ; il pourrait être qualifié d’universel et de neutre concernant les différences (particuli
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