|
|
Pascal Brice connaît le vieil adage italien qui dit « traduttore, traditore », « traduire, c’est trahir » (ou, littéralement, « traducteur, traître »). Traducteur salarié du Fonds mondial, Pascal s’est attelé à en renforcer les services de traduction internes et à faire en sorte que les documents traduits ne trahissent pas l’original mais, au contraire, en soient le reflet fidèle, une tâche d’autant plus importante qu’elle vient à l’appui de programmes dont dépend la santé de millions de personne. Pascal et ses collègues font leur possible pour traduire toutes sortes de documents, de notes de stratégie, de courriers importants et bien d’autres encore, vers l’espagnol, le français et le russe. Ils font preuve de minutie pour contrôler les textes et superviser le travail des traducteurs indépendants qui leur prêtent main forte ou leur fournissent des traductions en allemand, en arabe, en chinois ou en portugais, pour ne citer que quelques-unes des langues traitées. Il est matériellement impossible de traduire les documents du Fonds mondial dans les centaines de langues parlées par les maîtres d’œuvre de ses subventions, mais Pascal est ses collègues ne ménagent pas leurs efforts. La vaste nébuleuse des acronymes du Fonds mondial est l’une des difficultés auxquelles se heurtent les traducteurs. Plus d’un nouveau venu s’est senti aussi démuni devant elle que l’amateur face à l’immensité du ciel étoilé. Ainsi, en prenant ses fonctions en 2010, Pascal a eu la surprise de constater que le terme anglais Country Coordinating Mechanism (CCM), qui désigne l’une des pierres angulaires du système du Fonds mondial, n’avait aucune traduction normalisée en français : le CCM, la CCM, l’ICN, l’instance de coordination nationale... Il a opté pour ce dernier terme, relativement consensuel, avant de veiller à ce qu’il soit utilisé systématiquement. En espagnol, le terme consacré est « mecanismo de coordinación de país » ou MCP (un acronyme bien innocent dans la langue de Cervantès mais qui faisait fureur aux États-Unis dans les années 1970, lorsqu’il désignait les « cochons phallocrates », pour « male chauvinist pig »). Avant de venir au Fonds mondial, Pascal a été traducteur l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, à Rome, puis réviseur à la Cour pénale internationale, à La Haye. Il sait toute la subtilité et l’importance de trouver l’expression juste en passant d’une langue à l’autre. « Les gens ont le sentiment que la langue qu’ils parlent leu
|