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Baptisée «Habibi», la saisie aura lieu aujourdhui. Au petit matin, nous rencontrons Samir dans un restaurant, avec Hamed (prénom également modifié), qui est chargé dorganiser la manuvre avec la police. Comme à son habitude, Hamed commence sa journée ici. Il prend son petit déjeuner là, à sa table, et il ne faudrait pas lui prendre sa place. Dailleurs personne ny songe, Hamed est un ancien militaire de carrière. Comme chaque matin donc, Hamed commence par houspiller le pauvre serveur. Cest sa façon à lui de passer commande. Aujourdhui, Samir est confiant, il a tout vérifié, mais Hamed est nerveux. Il passe et repasse les mêmes appels sur son téléphone mobile. Il sabsente, revient, repart. Pour nous, lattente semble interminable, parce que nous nen saisissons pas tous les termes. Nous savons dexpérience que lopération peut être annulée à tout instant, sans préavis, pour un rien. On croise les doigts. Puis soudain: «yalla, yalla, amshi» (allez, cest parti). Nous nous rendons immédiatement à Deira, quartier populeux du vieux Dubaï, non loin de la Crique où nous retrouvons discrètement les policiers qui vont mener lopération. Samir nous laisse, il ne veut pas courir le risque dêtre reconnu. Selon ses recoupements, lentrepôt a été localisé dans un immeuble de Naif. La configuration des lieux rend lopération un peu périlleuse. Le quartier forme un vaste enchevêtrement dimmeubles de 6-7 étages alignés le long de ruelles étroites et sans nom dans lesquelles sécoule un flot ininterrompu de piétons, de cyclistes et de charrettes. Sans parler des voitures qui tentent de se frayer un chemin dans la cohue. Tous les immeubles communiquent entre eux par les toits, qui sont en fait des terrasses encombrées dantennes diverses et de climatiseurs bruyants, offrant ainsi autant déchappatoires et de cachettes aux trafiquants. En outre, les nombreuses entrées sombres et crasseuses ne permettent pas de savoir immédiatement si les escaliers donnent accès au bâtiment de gauche ou à celui de droite. Heureusement, selon les renseignements de Samir, limmeuble-cible nest pas protégé par un système de video-surveillance. Dans les ruelles attenantes, de petits attroupements se font et se défont. Ça discute en arabe, en urdu, en hindi, même en français dans un groupe de Sénégalais en «voyage daffaire». Il faut faire vite. Dun geste anodin, le lieutenant donne le feu vert. Sans précipitation, les hommes se répartissent dans les deux entrées. Avec le premier groupe
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