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La transplantation d’organes a toujours été à la croisée des chemins des nouvelles technologies et connaissances médicales, d’un côté, et, de l’autre, de l’impact de celles-ci sur les gens et la société en général, notamment en ce qui a trait à nos principes moraux et éthiques. Très souvent, on suppose que l’avènement de la bioéthique moderne est survenu le jour où le docteur Christian Barnard a procédé à la première greffe de cœur chez un humain, en Afrique du Sud. Nous avions cru à l’époque, après avoir réglé les grandes questions d’ordre déontologique, légal et social soulevées par cette intervention, que nous avions résolu presque tous les dilemmes engendrés par la transplantation d’organes. Mais, nous avons été surpris par les nouveaux débats que soulèvent constamment le présent contexte et, ce qui est tout aussi intéressant, par le fait que ces débats se situent généralement à l’avant-garde de frontières constamment repoussées par la science et la bioéthique. La xénotransplantation n’est que le plus récent contexte de cette perpétuelle remise en question propre à la science de la transplantation, une remise en question qui nous oblige à définir notre position à l’égard des principes très importants, voire fondamentaux, de la morale humaine. Dans un certain sens, la transplantation est le canari de la bioéthique dans ce puits de mine qu’est notre grande société. Donc, notre gestion des règles d’éthique de la science de la xénotransplantation aura des conséquences non seulement pour cette discipline, mais pour notre société en général. Conséquemment, le débat entourant la xénotransplantation s’ajoute à tous les autres grands enjeux sociaux reliés à la science (par exemple, les débats suscités par la génétique, le clonage humain, les nouvelles technologies de reproduction, l’euthanasie, la distribution et l’accessibilité aux ressources de notre système de santé, etc.) ce qui, dans l’ensemble, aura un impact majeur dans la définition de ce que sera la société de demain.
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