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Malheureusement, concrétiser ce souci humanitaire n’était pas facile. Moylan put procéder à quelques améliorations, par exemple faire agrandir les cellules de Kingston, qui étaient notoirement petites – en quoi sir John Sparrow David Thompson*, ministre de la Justice soucieux de réformes, l’appuya – et mettre moins d’accent sur les châtiments corporels. Mais, comme on avait conclu que les principes de Crofton ne convenaient pas, il ne pouvait guère plus que tenter d’administrer le régime Auburn aussi humainement et efficacement que possible. Et en cela, il pouvait compter sur plusieurs directeurs de prison compétents, dont celui de Stony Mountain, Samuel Lawrence Bedson*. Inévitablement, cependant, le travail continuait de dominer l’horaire des pénitenciers. Administrateur progressiste, Moylan s’opposait au travail purement punitif et détestait la pratique qui consistait à louer la force de travail des détenus, pratique qui fut graduellement abandonnée après l’adoption de la loi de 1883. À compter de 1886, la plus grande partie du travail exécuté en prison se fit pour le domaine public. Moylan était convaincu que, à force d’accomplir des tâches à demi spécialisées – extraire de la pierre, fabriquer des briques, cultiver la terre –, les détenus apprenaient la valeur constructive du travail et se préparaient à des occupations compatibles avec leur position sociale. Pendant cette période, il y eut peu de progrès dans les programmes éducatifs ou religieux. Étant donné la force qu’avait le revivalisme évangélique à la fin du xixe siècle, il n’est pas étonnant que Moylan ait été convaincu que la religion devait jouer un rôle primordial dans la réforme des prisonniers, mais il ne parvint même pas à obtenir l’affectation d’un aumônier à temps plein dans tous les pénitenciers. À ce propos, il faut noter qu’il était un grand admirateur de la Prisoners’ Aid Association, organisation bénévole dont le siège était à Toronto et que dirigeaient certains des membres les plus influents des Églises évangéliques, dont William Holmes Howland*. Cependant, ce n’était qu’une association provinciale, et l’on faisait peu de chose, à l’échelle nationale, pour les prisonniers libérés.
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