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Christine Hutter registered her company in Glashütte in 2008 – incidentally the same year Tutima returned to its home town (see Glashütte, the German miracle (III)). Unlike Tutima, however, the new CEO had only a blank page on which to build her business plan, and Moritz Grossmann as a guiding figure to define her territory.
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En 2008, Christine Hutter enregistre ainsi sa société à Glashütte, l’année même qui marque le retour de Tutima dans sa ville d’origine (lire « Glashütte ou le miracle horloger allemand (III) »). Mais contrairement à Tutima, le modèle d’affaires de la nouvelle entrepreneuse part d’une page blanche, avec Moritz Grossmann comme figure tutélaire pour bien marquer son territoire. Et celui-ci sera très bien délimité dès la première collection Benu, lancée deux ans plus tard. Depuis, la Maison a investi son nid d’aigle pour lentement mais sûrement y développer son outil de production avec quelques perfectionnements mécaniques à la clé, comme un stop-seconde sur cage de tourbillon breveté, un système d’oscillation inédit avec balancier Grossmann ou un mécanisme de remontage par l’attache du bracelet, une première. On entre là dans un classicisme germanique le plus pur, dont le souci de précision n’a d’égal que le degré de finition. Un seul exemple, qui laisse d’ailleurs pantois les observateurs les plus chevronnés : chez Moritz Grossmann, pas un seul jeu de trois aiguilles standard ne sort de l’atelier avant d’avoir subi tout le processus de finition, qui demande… une journée de travail. Pour un module d’échappement, on passe à trois jours. « Avec une production de quelque 500 pièces par an pour 23 collaborateurs, nous avons pratiquement été obligés de produire le maximum de composants par nous-mêmes, expose Rainer Kern, responsable communication de Moritz Grossmann. Il nous était impossible de les obtenir en temps voulu et avec nos exigences de qualité. Aujourd’hui, nous pouvons répondre à 85 % de nos besoins avec une concentration de nos forces de production pour deux tiers dans la terminaison. » Pour la dernière-née des Maisons de Glashütte, il est des impératifs sur lesquels on ne transige pas.
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