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What porcelain can do. At first I was just throwing with it and I was actually doing hand built things with it and I was using it like an ordinary clay. And my prof[essor] in Vancouver at Emily Carr said, well you know if it’s porcelain it has to be translucent, and I’m really stubborn, it’s like, I’ll give you translucent.
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Oh la fragilité… elle vient en partie de l’exploration avec la porcelaine, avec ce que peut faire la porcelaine. Au commencement, je m’en servais pour tourner, je faisais des choses à main et je l’employais comme une argile ordinaire. Et mon prof à l’école Emily Carr à Vancouver m’a dit que si c’était de la porcelaine, cela devait être translucide, et comme je suis très têtue, je me suis dis : « je vais t’en donner du translucide! » Donc en partie, c’est l’aventure technique : jusqu’à quel point on peut amincir quelque chose avant que cela tombe. Mais la fragilité et la tension tiennent aussi au fait qu’on était dans les années 80. On a presque oublié que c’était une époque où on se dirigeait vers l’annihilation nucléaire. Les Russes, les Américains… on regardait tous l’horloge nucléaire. Cela faisait partie de notre existence à la fin des années 70 et au début des années 80. Il y avait de la tension et nous aussi nous étions tendus. Aussi à l’époque, nous habitions à Londres où il y avait toutes ces bombes qui explosaient. La vie semblait très précaire, tout était fragile. On ne savait pas encore que le Mur allait tomber. C’était une époque dure et je crois que la fragilité causée par la tension ressort de cela. Il y a aussi les images sur les tasses, c’est aussi quelque chose d’historique. Après le 18e siècle, - vous savez que la porcelaine est originaire de Chine - on se demandait ce que c’était que la porcelaine, si on pouvait notre propre porcelaine… alors une fois que les fabriques de porcelaines ont été établies, on a commencé à peindre des paysages ordinaires, des paysages à la Watteau l.Alors je joue avec cette tradition de paysages sur des poteries et, pour moi, la subversion, c’est de mettre une tasse sur une tasse parce que ce que je fais, ce ne sont pas des tasses mais des tasses qui parlent de tasses. Je suis fascinée par la céramique historique alors je joue avec. Et m’insinuer dedans, c’est un peu effronté parce qu’on faisait des paysages magnifiques mais c’est les rois qu’on montrait sur les vases, pas les simples immigrants.
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