|
|
En 1815, peu après la défaite de Napoléon à Waterloo, Thomas Langton déracina sa famille afin d’élargir les horizons de ses enfants. Leur tournée européenne n’eut rien d’un voyage d’agrément. Durant six ans, ils menèrent une vie nomade, quoique civilisée, et parcoururent plusieurs pays. Leur première destination fut Yverdon, sur le lac de Neuchâtel, en Suisse. Le pédagogue avant-gardiste Johann Heinrich Pestalozzi y dirigeait un institut que le frère cadet d’Anne, John, fréquenta. Quant à celle-ci et à son frère aîné, William, ils eurent pour précepteurs des maîtres de l’institut. Pestalozzi encourageait l’expression des talents individuels au lieu des apprentissages mécaniques compétitifs et favorisait l’expérience et la perception sensorielle comme sources de formation. C’étaient là des principes judicieux pour de futurs pionniers. Les Langton étudièrent les langues, la littérature, la musique, l’art et l’escrime. Les voyages qu’ils firent par la suite leur enseignèrent à supporter les vicissitudes avec philosophie et à mieux apprécier les cultures étrangères – autres atouts d’une valeur inestimable. En Suisse, en Autriche et en Italie, ils visitèrent des galeries d’art, assistèrent à des concerts, à des fêtes ainsi qu’à une audience du pape. Ils habitèrent Francfort-sur-le-Main, Montpellier, Florence, Rome, Venise, Naples et Paris. Anne copiait les grands maîtres, dessinait tantôt des paysages inspirés de la composition « idéale », tantôt des gens en costume du pays, ou alors des croquis de sa mère et de sa tante Alice, de dos, ce qui ne constituait pas un très grand défi. Parmi les voyageurs que les Langton en vinrent à bien connaître en Europe, il y avait Isaac Weld* et sa famille (l’ouvrage de celui-ci
|