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C’est en poursuivant diverses pistes de recherche que l’idée m’est venue d’explorer le thème du concours de beauté dans le cadre du projet Domaine public. J’ai commencé à explorer l’idée des femmes disparues, des femmes perdues dans les archives. En effet, le mot-clé « femmes » a relevé des milliers de documents qui témoignent de l’attitude envers les femmes et les comportements qui leur étaient prescrits il y a cinquante ans et plus. Il y avait des films éducatifs sur l’hygiène et les soins de beauté, et d’autres démontrant comment être une bonne secrétaire, une bonne hôtesse, une bonne mère. Plusieurs films portaient sur le rôle important que les femmes ont joué pendant l’effort de guerre. Mais à plusieurs reprises, je suis tombée sur le curieux et vaste phénomène du concours de beauté ; de Miss Okanagan Valley qui présente fièrement les fruits de sa région, ou à Miss Homemaker (mademoiselle domestique) qui démontre son habileté à repasser une chemise ou à confectionner un parfait gâteau Bundt. Mais l’élément qui a aiguillé mon choix de sujet a été le concours Miss Photographer 1961. Si j’ai été attirée par les films de divers concours et particulièrement celui-ci, c’est qu’il s’agit d’une illustration quasi parfaite de la notion du « regard masculin » définie par Laura Mulvey. J’ai aussi été frappée par le jeu de la caméra sur le corps de la femme pour l’exposer, détailler ses attraits – la déshabiller. Dans la première partie de ma vidéo, je me suis amusée à entremêler des séquences du concours Miss Toronto et d’autres. Il en résulte une sorte d’analyse structurale du discours narratif du concours de beauté. Des dizaines de concurrentes paradent en maillot de bain devant des juges et des milliers de spectateurs. Après leur démarche provocante et sortie élégante, enfin le couronnement de la gagnante : sa réaction de surprise, les fleurs, les exclamations, les baisers et les photos de groupe. La deuxième partie se déroule sur une bande sonore empruntée à la très populaire émission de radio américaine des années 1950, What makes you tick, et porte sur les attentes que l’on avait alors envers les femmes. La personne interviewée, une certaine mademoiselle Bates, est interrogée quant à sa détermination à devenir une « fille de carrière » et non pas une épouse ou une mère, et elle est soumise au jugement de deux psychologues masculins. Enfin, la troisième partie donne la parole à Judy Welch, qui fut élue Miss Toronto en 1956. Aujourd’hui âgée de soixante-qua
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