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Inutile donc de chercher midi à quatorze heures et d’évoquer la pauvreté et la timidité de Briand pour expliquer pourquoi il fut « le candidat de Murray », – qui aimait sa « candeur », sa « modération » et sa « délicatesse ».— quand, après la cession définitive de la colonie à l’Angleterre, on entreprit des démarches pour redonner un évêque à l’Église canadienne. Ensuite de l’échec du vicaire général Étienne Montgolfier, candidat choisi par le chapitre le 15 septembre 1763, et de son désistement du 9 septembre 1764 en faveur de Briand, qui a pour lui, écrivait-il, « le suffrage du clergé et des peuples, et la protection la plus marquée du gouvernement politique », les chanoines, réunis à l’Hôpital Général de Québec le 11 septembre suivant, convinrent unanimement d’élire et de présenter Jean-Olivier Briand à l’évêché de Québec. Éprouvant « une répugnance extrême » devant « le fardeau » qu’on lui imposait et qu’il redoutait « plus que la mort », celui-ci comprit, cependant, qu’il ne fallait point penser à lui, mais à l’avenir de l’Église au Canada. Il s’embarqua presque aussitôt pour l’Angleterre, afin d’y « poursuivre sa dignité ». En dépit des recommandations de Murray, qui s’était même employé à lui trouver des appuis, la conjoncture, à Londres, n’était guère favorable à Briand. Le jésuite apostat Pierre-Joseph-Antoine Roubaud avait prévenu les esprits contre le clergé canadien ; puis la chute du ministère, en 1765, vint encore compliquer la situation ; enfin, et quoique l’on voulût bien donner un évêque au Canada, on ne savait pas comment le faire sans violer les lois de la Grande-Bretagne. On lui fit entendre, dans l’entourage des ministres, qu’il n’avait qu’à passer en France et à s’y faire consacrer, et qu’on fermerait les yeux, pourvu qu’il se contentât du titre de « surintendant de l’Église catholique au Canada ». En décembre 1765, après avoir séjourné 13 mois à Londres, Briand partait pour la France, sous le prétexte officiel d’aller rendre visite à sa mère, en Bretagne.
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