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Le travail d’agent des terres n’était jamais facile mais, en 1832, il le fut moins que jamais pour diverses raisons. Cette année-là débarquèrent à Québec plus de 51 000 immigrants dont un grand nombre étaient porteurs du choléra. N’ayant reçu que de vagues instructions et agissant dans la plupart des cas de leur propre chef, les agents, pressés par les événements, devaient dépêcher par les villes et installer sur des terres ces immigrants indigents et peut-être maladifs. Plusieurs centaines d’entre eux furent envoyés à Kettle Creek (Port Stanley), puis dans le canton de Caradoc, où Mount devait les diriger vers les cantons d’Adelaide et de Warwick, qui étaient complètement inhabités. Les résidents des endroits où ils passaient avaient trop peur du choléra pour les aider ou les abriter. Par une dure saison de pluie, Mount se trouva donc seul à pouvoir leur fournir des rations, de l’argent, des soins et le logement. En juillet 1832, il aida 400 immigrants qui venaient de Petworth, dans le West Sussex ; en août, de 800 à 1 000 nouveaux arrivants se présentèrent ensemble ; d’autres encore, selon un mémoire rédigé plus tard en son nom, « affluèrent vers lui en grand nombre, semaine après semaine ». Comme il était ambitieux, il répondait à toutes les demandes en faisant la sourde oreille à Robinson, qui l’avertissait que le fonds destiné aux immigrants était limité. Quand l’automne arriva, Mount délégua avec grand plaisir ses pouvoirs à des assistants et partit pour York, où s’ouvrait la nouvelle session du Parlement.
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