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A.O. - Je suis venu à la danse contemporaine par le hip hop. Dans les années '70, mon frère dansait dans le groupe rap Metropolis à Brazza et j'étais toujours avec eux. J'ai donc fait mes premiers pas dans le monde des artistes comme rappeur et danseur dans des night-clubs et des concours hip-hop, avec pour idole Michael Jackson et quelques stars américaine de l'époque. Le ballet traditionnel était un autre monde - ennemi - mais un jour, l'un des plus doué d'entre nous, de retour d'une tournée au Maroc, s'est investi dans la musique et la danse traditionnelle. Trahison ! Quelque temps plus tard, j'ai fait de même, en cachette, juste pour m'amuser. La honte dans les années '80 ! Après six mois, j'étais « dedans » ! Et cela m'a donné du courage. Je venais d'une danse de rue, libre, jeune, ancrée dans un combat et une réalité concrète et j'arrivais dans une danse traditionnelle, tournée vers la reproduction de l'ancien, l'imitation du folklore. Là, on disait mon corps « spécial » car ma tenue hip hop était droite, et la tradition penchée. J'avais le corps jazz et le demi-plié jamais parfait. Alors, on a commencé à me demander de chorégraphier le ballet et j'ai modifié les costumes séculaires. Tout cela me questionnait beaucoup et j'étais beaucoup fourré au centre culturel français pour lire et lire encore sur la danse. Et j'ai commencé à mélanger les deux, sans savoir rien du contemporain. Je me suis alors fondu dans l'univers du corps, dans le mouvement, dans la compréhension d'un mouvement, dans l'élément vital de mon propre mouvement. Comme on dit à Brazzaville « nzoto é coma mbonda », ce qui veut dire : le corps devient un tam-tam.
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