|
|
14 Plusieurs jours se passèrent sans qu’ils bougent de ce camp ; lorsqu’ils apprennent que les légions et le légat Caïus Trébonius sont à peu de distance, les chef des Bellovaques, craignant un blocus comme celui d’Alésia, renvoient pendant la nuit ceux qui sont trop âgés, ou trop faibles, ou sans armes, et avec eux tous les bagages. Ils étaient occupés à mettre de l’ordre dans la colonne où régnaient l’agitation et la confusion (les Gaulois ont l’habitude, même pour les expéditions les plus braves, de se faire suivre d’une foule de chariots), lorsque le jour les surprend : ils rangent devant le camp des troupes en armes, pour empêcher les Romains de se mettre à leur poursuite avant que la colonne des bagages ne soit déjà à une certaine distance. César, s’il ne pensait pas devoir attaquer des forces prêtes à la résistance quand il fallait gravir une colline si escarpée, n’hésitait pas en revanche à faire avancer ses légions assez loin pour que les Barbares, sous la menace de nos troupes, ne pussent quitter les lieux sans danger. Voyant donc que les deux camps étaient séparés par le marais qui formait un obstacle sérieux et capable d’empêcher une poursuite rapide, observant d’autre part que la hauteur qui, de l’autre côté du marais, touchait presque au camp ennemi, en était séparée par un petit vallon, il jette des passerelles sur le marais, le fait franchir par ses légions, et atteint promptement le plateau qui couronnait la colline et qu’une perte rapide protégeait sur les deux flancs. Là, il reforme ses légions, puis, ayant gagné l’extrémité du plateau, les range en bataille sur un emplacement d’où les projectiles d’artillerie pouvaient atteindre les formations ennemies.
|