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En 1910–1911, le rôle d’intermédiaire de Lew le plaça au centre d’une controverse. Au cours de son témoignage devant la commission royale d’enquête sur des allégations de fraudes et de contrebande d’opium par des Chinois sur la côte du Pacifique, commission présidée par le juge Denis Murphy, Lew prétendit être l’instigateur de cette enquête. Il affirma avoir d’abord exprimé ses inquiétudes au sujet des fraudes en matière d’immigration au sous-ministre du Travail, William Lyon Mackenzie King*, en 1908 et avoir également fourni des renseignements à l’avocat Thomas Robert Edward MacInnes, employé par le gouvernement fédéral afin de le conseiller sur la législation portant sur l’immigration. En juin 1910, Lew s’était rendu à Ottawa, à ses frais, semble-t-il, pour faire part de ses allégations au sous-ministre du Commerce et au contrôleur en chef de l’immigration chinoise, Francis Charles Trench O’Hara. Lew allégua que l’interprète chinois travaillant pour les autorités de l’immigration à Vancouver, Yip On, faisait partie d’un réseau d’immigration clandestine. Selon Lew, Yip On se faisait payer par des personnes possédant de faux papiers afin qu’il traduise leurs réponses aux questions des agents d’immigration de manière à dissiper les soupçons. Témoin principal de l’enquête, Lew déclara que lui et des fonctionnaires fédéraux étaient montés à bord d’un bateau qui se rendait à Vancouver et qu’ils avaient, par ruse, amené les passagers à leur remettre des lettres liées au stratagème et destinées à Yip On. Pendant ce temps, les avocats de Yip On affirmèrent que leur client était victime d’une conspiration montée par Lew et ses associés, que c’était eux qui étaient impliqués dans le trafic d’immigrants. Il est possible que leurs accusations aient été fondées. Murphy indiqua que Lew était un associé de Chang Toy, agent auprès des passagers pour la Blue Funnel Line. Chang était un grand rival de Yip Sang, agent auprès des passagers pour la société de navigation de la Compagnie du chemin de fer canadien du Pacifique et oncle de Yip On. Une lettre destinée à O’Hara provenant d’un missionnaire méthodiste, Tom Chue Thom, et datée de 1910 fut produite devant la commission. Elle décrivait un conflit grave dans le quartier chinois de Vancouver entre deux factions rivales ; Lew faisait partie de l’une d’elles. Thom dit de Lew qu’il n’était « pas un homme moral », mais il affirma également qu’« il fai[sait] un bon travail pour [le] gouvernement, travail qu’aucun autre Chinoi
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