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Aujourd’hui, Stephen Schultz fait encore un pas en avant en direction d’une recherche de l’absolu. De la palette de couleur du peintre à la peinture restreinte au noir et blanc, jusqu’au dessin, il nous indique le chemin à la recherche des origines de l’art, pour cette quête d’un essentiel, d’un mystère plus que jamais actuel. Pierre-Yves Trémois, autre dessinateur réputé, témoignait de cette fascination : « Le trait est « contemporain ». Il n’a que vingt-cinq mille ans. Lascaux c’était hier, ce sera demain. (…) Aujourd’hui le trait est l’expression d’un avant-gardisme auquel peu d’artistes osent se confronter.». Partir à la recherche du dessin, tenter de pénétrer les arcanes du tracé, c’est avancer en terre inconnue où se découvrent, à chaque pas, les indices de cette pratique millénaire : empreinte, marque, ombre, sillage, sillon, tache, trace, cicatrice. « Un simple trait de crayon sur la surface blanche du papier est déjà une blessure » nous dit Gérard Titus Carmel. Dessinateur et graveur, Pierre Courtin, fils de paysan, voyait dans l’acte de dessiner la transposition du laboureur creusant son sillon. Dans l’oeuvre de Stephen Schultz, le dessin n’est pas au service préparatoire de la peinture. L’artiste a décidé de se libérer de la lenteur que lui impose la progression du peintre sur la toile pour savourer la liberté que lui procure cette légèreté vivante et rapide du dessin. Son tracé semble ignorer l’effacement, marque l’empreinte de son passage sans repentir comme la rémanence du geste, preuve graphique d’un mouvement qui vient à la fois de la main créatrice et des personnages nés de ce geste. Le tracé de Stephen Schultz maintient sa présence au-delà du trait nécessaire, refuse de disparaître et semble doubler la scène dessinée par un plan diffus sous-jacent, témoignage de la course libre de ce sillon presque ininterrompu. En outre, par son format, c’est le dessin qui s’impose à l’artiste immergé dans ce plan de travail qui le domine. Cet aboutissement du dessin apparaît, me semble-t-il, comme l’ultime étape de cette recherche dans laquelle il faudrait se débarrasser de trop de moyens disponibles, abandonner sur la route la diversité chromatique et même la simplification diatonique pour accéder au secret d’un trait, tracé à la fois apparemment si simple et, de fait, si complexe. Faut-il en conclure que le dessin est l’avenir du peintre ? En accédant à ce point primordial, Stephen Schultz me semble réunir dans une même préoccupation le geste ancestr
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