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Military photography, derived from the techniques of spatial projection developed in Renaissance art, transforms representation into coded reports, statistics elucidating a computational or numerical, and therefore virtual, relation to knowledge.
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Dans cette perspective, « Images du monde et inscriptions de la guerre » est une réflexion sur la progressive mécanisation du regard moderne, liée à lavènement de la photographie, et notamment la photographie aérienne. Partant du principe que cette dernière a pour origine une observation à distance qui évite dêtre présent à lévénement (depuis Meydenbauer, pionnier de la photogrammétrie au XIXème siècle), Farocki va développer et analyser les conséquences de cette approche balistique du regard, en termes de renonciation à lexpérience, de camouflage. et finalement de nouvelle cécité. Suivant le cheminement dune pensée au travail, le film évoque des portraits de ces femmes algériennes « dévoilées » pour être photographiées par ladministration coloniale aussi bien que les images des chambres à gaz prises par les avions alliés, en passant par des portraits robots, des simulateurs de vol ou des modèles nus de cours de dessin. Ce faisant, ce sont les contradictions dune « supra-vision » technologique, à la fois précise et surplombante, qui sont dénoncées. La photographie militaire, issue des techniques de projection spatiale de lart de la Renaissance, transforme la représentation en reports chiffrés, statistiques éclairant un rapport computationnel ou numérique (au sens premier du terme), et donc virtuel, à la connaissance. En résulte une production pléthorique dimages que personne ne regarde ni nanalyse, et donc qui savère littéralement inopérante, comme ces avions alliés survolant le camp dAuschwitz sans le détruire. Critique dune surveillance automatique et indifférente, dévoilant le vide dune « pure fiction miliaire » qui se juxtapose au réel.
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