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trois parlent de controverses religieuses associées au rationalisme et à l’agnosticisme, une, de l’idée de progrès, et une seule, d’un sujet historique : la fondation des colonies américaines. Même s’il niait que l’histoire était une science, Smith ne se gênait pas pour déduire des lois morales de sa lecture du passé. D’abord, il voyait dans « les lois de la production et de la répartition des richesses [...] les plus belles et les plus merveilleuses lois naturelles de Dieu ». « Acheter au plus bas prix et vendre au plus haut, chose qui passe pour être la quintessence de l’égoïsme en matière économique, disait-il, c’est simplement obéir aux commandements du Créateur. » Ces lois, découvertes par Adam Smith, en qui il voyait un prophète, exprimaient un principe d’économie politique dont il ne dérogerait jamais : l’économie de marché, guidée par la « main invisible », avait la sanction divine et, si l’on en observait fidèlement les règles, elle mènerait à une société juste. Ensuite, Smith concluait, de sa lecture de l’histoire, que la religion était le ciment de l’ordre social. « La religion, lançait-il à ceux qui prétendaient que le progrès avait rendu le christianisme désuet, est le cœur même, le centre, le pilier de notre organisation sociale et politique. Sans la religion, le lien civil se relâcherait, les mobiles personnels déclasseraient complètement les mobiles collectifs, l’ambition mesquine et la cupidité se déchaîneraient, la société et le corps politique risqueraient de se dissoudre. »
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