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. Les activités scientifiques de Sarrazin, son violon d’Ingres, le conduisent à l’Académie royale des Sciences de Paris fondée en 1666 et réorganisée par Louis XIV en 1699. Cette institution groupait tous les savants français et certains étrangers comme Herman Boerhaave et Sir Isaac Newton, la plupart dans la fleur de l’âge et en pleine production. Pour mieux connaître les pays étrangers, surtout dans le champ de l’histoire naturelle, l’académie s’adjoignait des correspondants qui fournissaient spécimens et observations. Michel Sarrazin fut donc nommé, le 4 mars 1699, correspondant de Tournefort, qui avait décelé dans les premières cueillettes et les notes de ce débutant un observateur sagace. Plus tard, longtemps après la mort de Tournefort (1708), il devient, le 23 janvier 1717, correspondant de Réaumur [Ferchault] (1683–1757). Chaque année, les bateaux de la Nouvelle-France rapportaient des lettres destinées à des hommes de science français, notamment les botanistes Sébastien Vaillant, Antoine de Jussieu et Danty d’Isnard, du Jardin des Plantes, également l’abbé Bignon, oratorien, bibliothécaire du roi, président de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, membre de l’Académie française. D’une lettre adressée à Antoine de Jussieu (1686–1758), le 11 octobre 1728, dont on a perdu trace depuis la vente des archives des Jussieu vers 1936, subsiste cet extrait : « La guerre que nous avons à soutenir avec les Sauvages appelés Renards trouble le projet que j’avais fait de vous envoyer des plantes et graines qui naissent dans le pais d’où je les attendois. » Ensuite, Sarrazin détaillait les dangers de l’herborisation en Nouvelle-France, à l’époque.
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