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Une série d’ouvrages récents – Daniel Lefeuvre, Pour en finir avec la repentance coloniale, 2006, Romain Bertrand, Mémoires d’empire. La controverse autour du ‘fait colonial’, 2006, René Rémond, Quand l’Etat se mêle de l’histoire, 2006, Pascal Bruckner, La Tyrannie de la repentance, 2006, Jean-Pierre Rioux, La France perd la mémoire. Comment un pays démissionne de son histoire, 2006 – de dossiers spéciaux dans des revues hebdomadaires et des revues spécialisées, de tables rondes à la télévision et sur les radios ont redessiné le terrain cherchant à masquer le conflit politique en mettant en scène un conflit méthodologique: d’une part des chercheurs soumis à "l’actualité" et la pression de groupes "mémoriels" et de l’autre, des chercheurs autonomes soucieux de la vérité. L’intérêt supérieur de la Nation demanderait que l’on laisse cette histoire au silence des archives et aux historiens, seuls capables de débrouiller le fil des choses. Cette entreprise de déligitimation, de disqualification, de recherches comme de celles et ceux qui les portent, s’appuie en outre sur une opposition forte qui existerait entre mémoire et histoire, la mémoire étant mise du côté du domaine du subjectif, de l’impensé, de l’hystérie, de l’irrationnel, de la parole, l’histoire du domaine de la Raison, de l’objectif, de l’archive écrite.
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