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Sur la plan des relations de travail, ces violations ont eu de graves répercussions, tant au point de vue pratique qu’au niveau des effets psychologiques. Sur le plan pratique, les employés n’ont pu exercer les options fondamentales qu’ils avaient choisies. Quant au syndicat, la fermeture lui a porté un coup presque fatal car, bien que son certificat s’applique maintenant aux activités de la succursale Sheppard, il est loin d’être assuré de l’appui. Les membres de cette unité de négociation ont été brimés dans leurs espérances légitimes. Un des aspects les plus négatifs au plan des relations de travail est que, depuis près d’un an, tous les droits que les employés avaient acquis, en vertu du Code, ont été suspendus à cause de leur transfert dans une succursale où la majorité ne s’est pas prononcée pour un syndicat (sauf Mme Beauchamp qui travaille à une succursale syndiquée). Les droits de participer aux activités d’un syndicat, d’être représentés par celui-ci et d’exercer collectivement les autres droits que confère le Code, ont été niés aux employés, pour un temps, puisque pour les réexercer, ils attendaient la décision du Conseil, l’employeur contestant qu’il y avait eu vente d’entreprise et partant, transfert du certificat d’accréditation. A cause de cette fermeture illégale, les employés ont été écartés des effets qui découlent du droit à la négociation collective. Ceux-ci n’ont pu bénéficier d’une convention collective, alors que d’autres employés ayant exercé les mêmes options qu’eux et à peu près à la même époque, sont maintenant visés par des conventions collectives. En effet, à la fin du mois de mars 1981, la Banque et l’Union ont conclu des conventions collectives pour six autres succursales qui, à la date de la fermeture de la succursale de la rue Maguire, étaient en négociations, en même temps que cette succursale. Il n’est pas difficile d’en déduire que, si la succursale de la rue Maguire n’avait pas été fermée, les employés s’y trouvant seraient eux aussi visés par une convention collective. Au point de vue des effets psychologiques, les illégalités commises par la Banque sont lourdes de conséquences, autant pour les employés touchés que pour l’ensemble des autres employés de la Banque. Parmi ces derniers effets, c’est sans doute le caractère dissuasif qui ressort le plus: la crainte pour tous les employés syndiqués, ceux qui auraient désiré se syndiquer ou ceux qui se syndiqueront à cette banque, que leur succursale «disparaisse» parce qu’
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