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24. On se rappellera qu'au matin qui a suivi le meurtre les policiers ont arrêté Simpson et Ochs à Cranbrook. Ils ont obtenu une première déclaration de Simpson vers 9 h du matin laquelle, ayant été jugée volontaire après un voir dire, a été admise. Ils ont ensuite ramené Simpson à Kimberley et, à compter de 11 h 15 environ, ils ont obtenu une seconde déclaration. Cette déclaration a été faite en présence de deux agents de la GRC, les agents Lawson et Zaichkowsky. Elle a été enregistrée, puis transcrite. Elle consiste en quelque quatorze pages de questions et de réponses relatives aux événements qui ont donné lieu à l'instance. Le ministère public ne l'a pas présentée comme preuve, mais elle a été produite au cours d'un voir dire. Il est difficile d'établir, d'après le dossier, si elle a expressément été jugée volontaire. Ce fait ne revêt aucune importance puisque c'est la défense, et non le ministère public, qui en réclame l'admission. Au procès, la défense a cherché, à plusieurs occasions, à en faire admettre la transcription pour que le jury puisse l'examiner, mais l'admission en a été refusée. C'est ce refus qui a amené le troisième point de dissidence énoncé par le juge Seaton en Cour d'appel. La première déclaration a été consignée de la main de l'agent Zaichkowsky. Elle ne fait que deux pages. Elle consiste largement en une série de questions posées par l'agent de police, avec les réponses de Simpson. Simpson nie toute participation dans les événements de la nuit précédente et dit qu'il ne se trouvait pas à Kimberley à cette occasion, car il avait passé la nuit à Cranbrook. Il nie aussi avoir connu Brousseau. Les réponses attribuées à Simpson paraissent être celles d'un être rationnel en pleine possession de ses moyens. La transcription de la seconde déclaration brosse un tableau bien différent. Il se révèle être un "ivrogne grossier", en état de manque et qui s'embrouille sur bien des détails. Le juge Seaton était d'avis qu'il était difficile de croire que la première déclaration pouvait avoir été faite par le même ivrogne incohérent qui faisait la seconde déclaration, quelque deux heures plus tard, sans avoir bu dans l'intervalle. À son avis, le juge du procès a eu tort d'exclure la seconde déclaration, parce qu'elle indiquait clairement dans quel état était Simpson au moment où il a fait la première déclaration. Il dit, à la p. 539:
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