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38. L’appelante donne plusieurs exemples illustrant quelles sont, d’après elle, les conséquences néfastes d’une comparaison entre des personnes handicapées, dont le suivant qui, à son avis, est analogue à la présente affaire. Supposons qu’une école de piano choisisse de fournir une assurance invalidité couvrant les blessures aux mains seulement, mais non les troubles émotifs, les fractures des jambes ou tout autre motif d’absence du travail. Un professeur qui se casse la jambe pourrait‑il alléguer la discrimination parce qu’il ne toucherait pas d’indemnité, alors que celui qui se fracture la main en toucherait une? À mon avis, cet exemple ne met pas en doute l’analyse ci‑dessus. Comme on l’a dit dans l’arrêt Brooks, pour décider si un régime d’assurance crée une discrimination, il faut d’abord déterminer sa nature véritable ou sa raison d’être sous‑jacente dans les circonstances de l’affaire. Comme nous l’avons vu, la discrimination ne devrait pas reposer sur une comparaison des prestations versées à des employés conformément à des objets différents en matière d’assurance. Bien qu’il faille un dossier de preuve complet pour déterminer un objet, il semble que, dans l’exemple cité, la nature véritable du régime d’assurance est simplement d’assurer contre les blessures aux mains, et non de garantir contre l’incapacité en général. Si c’est le cas, il n’est pas possible, pour conclure à l’existence de discrimination, de comparer les prestations versées aux employés conformément à l’objet particulier qui est de les assurer contre les blessures aux mains avec les prestations destinées à assurer contre d’autres blessures. La comparaison qui convient pour déterminer s’il y a discrimination est entre ceux qui souffrent de blessures aux mains, et non entre ceux qui sont blessés aux mains et ceux qui sont blessés aux jambes. Dans Brooks, par contre, la nature véritable du régime d’assurance était d’assurer contre l’incapacité de travailler pour des raisons de santé, de sorte qu’il convenait de comparer les divers avantages offerts selon la raison de santé invoquée pour s’absenter du travail.
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