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“I could stay forever contemplating a single view, reading a single phrase, letting my eyes wander across a single picture. It is said that Sudanese patience knows no bounds. I found there was room enough for my slowness, or at least enough to rediscover real life, contemplate, let go of the destructive productivity of our developed world. My friend Hafez reprimanded me once. We were riding on the back of a pickup truck at ten miles an hour — an ideal setting to observe and move forward at the same time, a bit like on the back of a camel, but more comfortable. From time to time, we’d stop to take a better look. We were supposed to get to Sedeinga before sunset. For hours, every Nubian we encountered had been giving us the same distance and the same travel time to our destination. ‘None of them owns a watch, knows how to use a computer or drive a car, or has ever seen a map. How can you expect them to express themselves in a way you are accustomed to, using your system of reference?,’ Hafez asked me.”
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Comme les vers de poésie, les photographies de Claude Iverné aiment être lues plusieurs fois avant de se laisser apprivoiser. En majorité faites de noirs et de blancs, d’une teinte étrange, grisâtre, presque filtrées, elles rappellent des images d’un autre temps, du XIXe siècle par exemple, durant lequel d’autres aventuriers ont emprunté les mêmes pistes soudanaises. « Les photos de Claude Iverné », dit Quentin Bajac, « m’évoquent celles de ceux qui, à cette époque, ont remonté le Nil jusqu’aux premières et deuxièmes cataractes, si mes souvenirs sont bons : Francis Frith ou Maxime Du Camp. » Ensemble, ces images, d’abord belles au regard, fines et subtiles, proposent une traversée d’une Afrique représentée, en compagnie de ses peuples, de manière attentive, respectueuse et digne. Il y a des portraits d’hommes et de femmes, des vues de leurs habitations, de paysages qui les entourent, de montagnes, de déserts, de pyramides, des photos d’animaux, d’arbres, d’objets, d’éléments – la roche, le sable, le vent – de villes aussi. Une ode à la richesse et la diversité de cette terre.
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