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Dans son exposé, Gerald Raunig s'est basé sur ces expériences concrètes de l'évolution négative d'une institution artistique se voulant progressiste. Sur la scène gouvernementale, ce n'est plus seulement l'Etat qui "gouverne" mais un enchevêtrement d'institutions et d'acteurs/actrices difficilement cernable; concrètement, ce n'est donc pas seulement le gouvernement réactionnaire autrichien qui essaie de supprimer des institutions artistiques émancipatoires à travers des diminutions de financement, mais un réseau d'entreprises externalisées, d'ONGs et d'individus "responsables", illustré ici par l'exemple de l'ONG WUK, qui traverse une transformation néolibérale dans le cadre d'une argumentation économiste étriquée. Raunig: "Dans la dissolution de l'Etat providence se forme un nouveau domaine de management de microsecteurs, à mi-chemin entre le gouvernement par l'Etat et l'(auto)gouvernement et l'auto-contrôle volontaire des individus: des institutions apparemment autonomes, des ONGs, qui sont appelées et interpellées en tant qu'extérieurs à l'Etat par des slogans tels que "société civile" et "éloignement de l'Etat", mais qui, en réalité, apparaissent comme des appareils de l'Etat externalisés." Afin d'apporter plus de précision à cette situation complexe, Raunig se référait, comme il l'avait déjà fait dans le cas de la présentation à la conférence, à la phrase ambiguë de Deleuze: "le dernier mot du pouvoir, c'est que la résistance est première." L'argumentation du discours ne visait ainsi pas seulement l'analyse et la critique du statu quo (donc "le dernier mot du pouvoir"), mais aussi des possibilités d'actions, permettant aux acteurs et actrices "de s'émanciper en sortant, ne serait-ce que temporairement, du carcan de l'appareil étatique étendu. La dissolution de l'Etat providence n'est ni un processus naturel sans acteurs, ni un processus linéaire sans ruptures, lacunes et plis. C'est justement dans ces ruptures, lacunes et plis qu'il existe une chance de tenter plus que le retrait organisé des privilèges de l'Etat providence."
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Gerald Raunig baute in seinen Ausführungen auf diesen konkreten Erfahrungen der negativen Entwicklung einer sich als progressiv verstehenden Kunstinstitution auf. Im gouvernementalen Setting "regiert" nicht mehr nur der Staat, sondern ein schwer überschaubares Geflecht aus Institutionen und AkteurInnen, im konkreten Fall also nicht nur die reaktionäre österreichische Regierung im Versuch, durch Finanzierungskürzungen emanzipatorische Kunsteinrichtungen abzuschaffen, sondern ein Netz von ausgelagerten Unternehmungen, NGOs und "verantwortlichen" Individuen, hier exemplifiziert an der NGO WUK, die unter ökonomistisch verengter Argumentation eine neoliberale Transformation durchläuft. Raunig: "In der Auflösung des Wohlfahrtsstaats bildet sich ein neuer Bereich des Managements von Mikrosektoren heraus, ein Zwischenbereich zwischen der Regierung durch den Staat und der (Selbst-) Regierung und freiwilligen Selbstkontrolle der Individuen: scheinbar autonome Einrichtungen, NGOs, die unter Schlagwörtern wie "Zivilgesellschaft" und "Staatsferne" als Außen des Staats auf- und angerufen werden, in Wahrheit aber als ausgelagerte Staatsapparate fungieren." Raunig bezog sich zur Verdeutlichung dieser komplexen Sachlage wie schon in der Konferenzbewerbung auf den mehrdeutigen Satz von Deleuze: "Das letzte Wort der Macht lautet, dass der Widerstand primär ist." Die Argumentation des Vortrags zielte damit nicht nur auf die Analyse und Kritik des Status Quo (also "das letzte Wort der Macht"), sondern auch auf Handlungsoptionen, die es den AkteurInnen erlauben, "sich aus der Umklammerung durch den erweiterten Staatsapparat wenigstens temporär zu emanzipieren. Die Auflösung des Wohlfahrtsstaats ist weder ein naturgegebener Prozess ohne AkteurInnen, noch ein linearer Prozess ohne Brüche, Lücken und Falten. Genau in diesen Brüchen, Lücken und Falten besteht die Chance, mehr als den geordneten Rückzug aus den Privilegien des Wohlfahrtsstaats anzutreten."
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