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Mais il est important de se rappeler que nous vivons toujours dans un monde cruel où des tyrans réduisent des Nations en otages (Corée du Nord) ou massacrent impunément leur propre peuple (Syrie), un monde aussi profondément injuste, dans lequel 1% de la population possède ce dont le restant des 99% aurait besoin : de meilleurs logements, une meilleure éducation, de meilleurs médecins et un meilleur niveau de vie, mais comme le signale Joseph E. Stiglitz (Prix Nobel d’Économie 2001) ; « à cette minorité lui manque quelque chose qu’elle ne peut pas acheter avec l’argent : la compréhension que son destin est totalement lié à la manière dont vit l’autre partie de la population (99%). Tout au long de l’histoire, ce destin partagé est quelque chose que cette minorité n’a su comprendre… que quand il était déjà trop tard. » C’est alors, comme remarque avec une extraordinaire lucidité Tony Judt (1948-2010) que « La peur resurgit sous la forme d’un ingrédient actif de la vie politique dans les démocraties occidentales. La peur du terrorisme, bien entendu ; mais aussi, et peut-être plus insidieusement, la peur d’un changement rapide au point d’en être incontrôlable, la peur de perdre son emploi, la peur de céder du terrain à l’autre dans une distribution toujours plus inégale des ressources, la peur de perdre le contrôle des circonstances et routines de la vie quotidienne. Et peut-être, surtout, la peur que nous soyons en effet incapables d’infléchir le cours de notre vie, mais aussi que les détenteurs de l’autorité aient perdu la main au profit des forces qui leur échappent. » Le danger qu’il prévoit est déjà en train de se produire ; « Notre culte contemporain de la liberté économique, associé à un sentiment accru de peur et d’insécurité, pourrait se solder par un recul des services sociaux et une régulation économique minimale, mais s’accompagner d’une large surveillance gouvernementale des communications, des déplacements et des opinions. Un capitalisme “chinois” pour ainsi dire. » Il conclût en plaidant pour la place de l’histoire récente dans une ère d’oubli ; « Nous croyons avoir appris suffisamment du passé pour savoir que nombre de vieilles réponses ne marchent pas ; et sans doute est-ce vrai. Mais ce que le passé peut nous aider à comprendre, c’est l’éternelle complexité des questions. »
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El desbarajuste del mundo se ha acentuado en estos últimos años como consecuencia de una política económica inhumana que ha sacrificado millones de vidas para imponer sistemas de explotación totalmente caducos. Por eso, en esta época de grave crisis económica, sorprende todavía más el fuerte aumento mundial de los gastos militares, que ha alcanzado una cifra astronómica superior a los 1,7 billones de dólares y que sólo contribuye a alimentar y prolongar los numerosos conflictos armados que causan estragos en Oriente y Occidente, muchos de ellos no resueltos y sin demasiada esperanza de resolución a corto plazo. Por desgracia, esta proliferación de los conflictos de larga duración (Afganistán, Iraq, Chechenia, Palestina y África), así como los más recientes (Siria), junto con las guerras llamadas «irregulares», como las guerrillas (América Latina) y los diversos terrorismos, han generado hasta hoy miles de víctimas inocentes y más de 33 millones de desplazados en el mundo. Como ya señalaba Erasmo en 1517, la guerra golpea a quienes «ni les interesa, ni ofrecieron ninguna causa para el estallido». Veinte años después de haber permitido la metódica destrucción de Sarajevo y la matanza de miles de bosnios inocentes, asistimos al martirio del pueblo sirio con la misma indiferencia humana y la total inacción de los grandes países. El mal absoluto es siempre el que el hombre inflige al hombre, y es un hecho universal que concierne a toda la humanidad. Hannah Arendt fue quizá la primera en reconocerlo cuando escribió en 1945 que «el problema del mal será la cuestión fundamental de la vida intelectual europea después de la guerra». ¿Puede el arte, la música, la belleza, salvar al hombre de ese mal?
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