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«Parmi les Suisses il y a des Uranais, des Valaisans, des Tessinois, des Romands, des paysans, des paysans de montagne, des ouvriers, des industriels importants, des gens en bonne santé, des malades, des criminels, etc. Beaucoup de choses nous marquent davantage qu'une politique commune. On trouve en Europe autant de raisons de réunir tous les Européens qu'on en trouve en Suisse de réunir tous les habitants de ce pays. Quand je pense Suisse, je pense d'abord au pied sud et alémanique du Jura, au canton de Soleure. Juste à côté, on est déjà dans le canton de Berne ou en Argovie, et je ne m'y sens pas étranger. Quand je suis à Bâle, à Zurich ou à Lucerne, j'arrive encore bien à comprendre les gens et je vois que beaucoup de choses sont toujours communes, hormis la langue. Je paie toujours avec le même argent, je ne suis pas encore à l'étranger même si c'est déjà un peu loin. En Suisse romande et au Tessin, je me sens nettement plus loin. L'italien, je ne le sais pas; en français j'ai de la peine. Mais c'est toujours la même monnaie, les mêmes prix, les mêmes indications, le même uniforme des soldats. Je suis vraiment content qu'ils soient là avec nous, les Tessinois, les Romands, les Romanches.»
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«Hay entre los suizos gente de Uri, del Valais, de Zúrich, de Berna, suizos francófonos o tesineses; hay villanos, montañeses, obreros, grandes industriales, gente sana o enferma, delincuentes, etc. Hay muchas cosas que nos pueden caracterizar mejor que una política común. En Europa se pueden hallar tantos argumentos para integrar a todos los europeos como se hallan en Suiza para caracterizar a los suizos. Cuando digo Suiza, estoy pensando ante todo en la vertiente sur del Jurá suizo alemán hasta el Cantón de Soleura. No muy lejos de ahí ya estamos en el Cantón de Berna o en Argovia, donde tampoco me siento extranjero. Cuando estoy en Basilea, en Zúrich o en Lucerna, todavía llego a comprender bastante bien a la gente y veo que muchas cosas siguen siendo iguales, menos la lengua. Pago siempre con la misma moneda, todavía no estoy en el extranjero, aunque ya me haya alejado bastante de mi pueblo natal. En la Suiza francesa y en el Cantón del Tesino me siento francamente más foráneo. El italiano no lo hablo y el francés apenas. Pero se paga siempre con la misma moneda, los precios son los mismos, los reglamentos también, y hasta los soldados llevan los mismos uniformes. La verdad es que estoy muy contento que estén con nosotros los tesineses, los suizos francófonos y los de la lengua retorrománica.»
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