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Je trouve que l’histoire de la Chine est fascinante du fait de sa complexité J’étais justement en Chine il y a quelques semaines et j’ai eu des conversations intéressantes avec des universitaires qui essaient de comprendre la dualité de l’économie chinoise. Des pans de l’économie sont en récession, certaines administrations locales sont en train de vivre la même expérience que le marché des obligations municipales américaines durant la crise financière mondiale de 2007-2009, et certains secteurs, notamment de la production manufacturière et liés aux matières premières, sont confrontés à des problèmes de surcapacités. Normalement ce phénomène devrait entraîner une hausse du chômage, un ralentissement cyclique et une décélération de la croissance, mais ce n’est pas le cas. En fait, le marché de l’emploi se resserre en Chine et la croissance du pays reste stable autour de 6,5 à 7 %. La raison est que la Chine connaît un changement démographique à long terme. Vers l’an 2000, la population active a baissé pour la première fois et les pénuries de main-d’œuvre sont devenues de plus en plus importantes en raison de la politique de l’enfant unique mise en place plusieurs dizaines d’années plus tôt. En Chine, les salaires n’avaient pas augmenté depuis des dizaines d’années mais depuis 2003-2004, ils ont commencé à s’inscrire en nette hausse, et au fur et à mesure, la part de la consommation en pourcentage du PIB a commencé à s’accroître. Donc, même si certains pans de l’économie sont peut-être en récession, la Chine bénéficie d’une démographie favorable en termes d’emploi, qui soutient la consommation et dope le reste de l’économie. En regardant les statistiques officielles, on constate que la consommation continue à reculer, mais le problème avec les statistiques officielles est qu’elles consistent à demander aux individus combien ils gagnent et à se baser uniquement sur ces déclarations. Cependant, si la totalité des revenus d’une personne provient du marché gris (via des canaux de distribution légaux mais peut-être officieux, non autorisés ou bien qui ne sont à l’origine pas destinés à cet usage) et que cette personne veut éviter de payer des impôts dessus, elle aura tendance à sous-estimer ses revenus. Plusieurs universitaires se sont donc mis à observer ce que les gens faisaient réellement de leur argent, par exemple, en termes de dépenses en biens de consommation et avec la hausse des salaires, on constate que la part du secteur de la consommation en pourcent
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