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Schließlich führte uns die Erzeugung identitärer Schließungen, die auf eine Verweigerung gegenüber Hybridisierung, auf das Phantasma einer eigenen Sprache und eines eigenen Körpers hinauslaufen (und zwar im doppelten Sinne des französischen Wortes „propre“: das, was einem gehört, und das, was gewaschen und fleckenlos rein ist), dazu, das Konzept der Identität als Prozess zu klären, als Bewegung, als etwas, das für das Zusammentreffen mit anderen, einschließlich der anderen an sich, durchlässig ist und das sich im Laufe der Interaktionen verändert.
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Sur le plan théorique, trois éléments nous ont, dans le même mouvement, conduits à mettre en lumière dès la fin des années 1990 la problématique de la traduction. D’une part, une critique des logiques de domination, sous toutes leurs formes (y compris d’une communauté sur un individu), a été menée à travers les pensées contemporaines produites dans des horizons géoculturels très divers. D’autre part, l’analyse de la crise du lien social, de l’impensé des sociétés multiculturelles qui ont instauré le droit à la différence en lieu et place du « vivre ensemble », la crise de la démocratie comme crise de la relation d’altérité dans une logique d’égalité, a été centrale pour la revue. Enfin, la production de clôtures identitaires, allant toutes dans le sens d’un refus de l’hybridation, d’un fantasme de la langue propre, de l’identité propre, du corps propre (dans le double sens, en français, de « propre » : ce qui est à soi, ce qui est lavé, sans tache) nous a conduits à éclairer le concept d’identité comme un processus, un mouvement, quelque chose de perméable à la rencontre avec les autres, y compris les autres en soi, et qui se modifie au fil des interactions. On prend alors toute la mesure de la dimension subversive de la traduction, qui reste pour moi fondamentale.
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