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Même à très faible concentrationUtilisées en grandes quantités, les substances persistantes posent surtout problème dans les ruisseaux et les petites rivières à faible débit. « Même en quantité de l’ordre du microgramme - voire du nanogramme - par litre, elles peuvent nuire à divers organismes aquatiques et menacer la reproduction des poissons », souligne Michael Schärer, chef de la section Protection des eaux à l’OFEV. Des études scientifiques ont par exemple établi que des traces de diclofénac, un analgésique d’usage courant, peuvent endommager les reins des truites.Et quel est l’effet des micropolluants sur la santé humaine? « Parler de danger serait exagéré, affirme Michael Schärer: selon les connaissances actuelles, les concentrations mesurées dans les eaux souterraines et superficielles sont inoffensives. » La pollution des eaux de surface par les eaux usées va toutefois s’aggravant, de sorte que les composés traces parviennent en plus grandes quantités dans les réserves d’eau potable. « Ces substances persistantes n’ont rien à faire dans nos ressources en eau », martèle Michael Schärer. « Par précaution, nous devons si possible éviter toute pollution de l’eau potable. »Inoffensifs une fois oxydésSachant cela, le Parlement a décidé en mars 2014 de doter certaines STEP suisses d’un procédé à même d’éliminer les micropolluants. La technologie à appliquer n’est pas prescrite par la Confédération, car les essais ont révélé que tant l’ozonation que le traitement au charbon actif en poudre offrent de bons résultats. Afin d’investir au mieux les moyens nécessaires, seules les plus grandes STEP, de même que certaines de taille moyenne, seront équipées. Estimée à 1,2 milliard de francs, à répartir sur les vingt années à venir, l’opération vise les STEP comptant plus de 80 000 habitants raccordés et celles qui déversent leur effluent dans des milieux aquatiques particulièrement sensibles. Si ces critères n’englobent qu’une centaine des quelque 700 STEP publiques que compte la Suisse, ces stations n’en traitent pas moins plus de la moitié des eaux usées produites dans notre pays. Le financement sera essentiellement assuré par une redevance sur les eaux usées. Prélevée auprès de toutes les STEP, elle devrait se monter à 9 francs par habitant et par an.Mais revenons à Dübendorf. En nous faisant visiter la nouvelle installation, le directeur, Max Schachtler, nous explique ce qu’est l’ozonation: « L’injection d’ozone n’élimine pas les micropolluants présents dans
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