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Son intérêt et son attention se sont toujours centrés sur la grande tradition de la pensée sociale. Une tradition qu'il a analysée depuis son point de départ marqué par Hobbes, le premier et le principal penseur de l'ordre socio-politique de la modernité, en passant par ses refondations par Saint-Simon et son disciple Auguste Comte pendant le premier tiers du XIXe siècle, par sa pleine institutionnalisation en Allemagne et en France du temps de Max Weber et d'Émile Durkheim, et en arrivant à son éclosion dans les universités américaines après la deuxième guerre mondiale, sous le signe de la lutte entre le structuro-fonctionnalisme de Parsons et la sociologie engagée et alternative de Charles Wright Mills. Telle est la matrice, déployée au long de plusieurs siècles de modernité, qui a fait la principale matière de ses réflexions, de ses recherches et de ses écrits. Moya a mis brillamment en évidence la manière dont cette tradition se déploie et gagne en complexité, dont elle s'érige en épine dorsale de la pensée moderne, tout en montrant « comment elle nous pense » et ce que nous pouvons faire pour rénover les messages qu'elle nous apporte au fil des temps. Ses études sur Hobbes, Saint-Simon, Durkheim ou Weber montrent leur rôle stratégique dans l'histoire de la modernité, ainsi que leur actualité têtue en tant que penseurs, des penseurs qui nous aident encore et toujours à penser le monde dans lequel nous vivons. Ce sont là des travaux pleinement reconnus comme des études de référence par notre communauté scientifique universitaire.
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