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Il avait neuf ans lorsque son père mourut victime de son dévouement pour des prisonniers malades. L’éducation du jeune garçon fut assumée par son oncle, Jean de Bernières de Louvigny. Ce personnage était le créateur, vers 1644, de l’Ermitage de Caen, qui joua un rôle remarquable dans l’histoire religieuse de la France. Après les divisions et guerres de religion qui suivirent la réforme de Luther, le besoin d’un renouveau se fit sentir partout et provoqua de fortes poussées d’austérité et de mysticisme au sein des nations catholiques. Le concile de Trente fut la cheville ouvrière de la renaissance catholique. Des hommes éminents tels que saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Vincent de Paul, contribuèrent largement à la pénétration des décisions du concile dans les diverses classes de la société. Des femmes illustres firent aussi leur part, et aussi quantité de laïcs, groupés en diverses associations. Tel fut le cas de la Compagnie du Saint-Sacrement et de l’Ermitage de Caen, qui y était relié. Les laïcs et les ecclésiastiques s’y rencontraient pour causer de religion, de spiritualité, de mystique, d’apostolat et d’évangélisation ; en ces rencontres, on priait beaucoup. Jean de Bernières fut l’initiateur et l’animateur de l’Ermitage jusqu’à son décès en 1659. L’abbé de Montigny, c’est-à-dire François de Laval*, futur évêque de Québec, fréquenta l’Ermitage ; le jeune Henri de Bernières y fut élevé et instruit. L’Ermitage était voisin d’un monastère de religieuses ursulines fondé par Jourdaine de Bernières, sœur de Jean. Ce couvent exerçait sur les jeunes filles et les femmes la même influence que l’Ermitage sur les hommes.
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