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Aux côtés des fanzines, des maquettes et des premiers films réalisés à ce jour autour d’Al Qamar, une épaisse revue (RESET ! #4, 2027) proposant un regard rétrospectif sur les premières années de la cité offre une passionnante mise en perspective. Personnalités inventées et identités réelles se mêlent dans ses pages, tandis qu’un important travail de recherches théoriques transparait à l’arrière-plan. Certains témoignages dévoilent les faces plus sombres de l’aventure - la violence de l’évènement fondateur, la dérive autoritaire de la cité et le risque de son repli, ou les effets pervers provoqués par le tourisme généré aux alentours. Mais c’est par l’entremise du double fictif du directeur de la résidence d’el-Atlal, que la mise en cause est la plus grinçante. Alors que l’installation d’Al Qamar en Palestine revêtait une forte portée symbolique, le mépris de l’environnement développé par ses habitants lui évoque des attitudes coloniales... Par-delà l’autocritique, il s’agit, par le prisme de cette fiction agissante, de comprendre les travers pouvant guetter ceux qui tentent d’apprendre à vivre sur les ruines du Capitalocène. Dessinant un contexte fictionnel visant à permettre la réflexion sur les conditions de transformation du paradigme urbanistique et social, Marielle Chabal affirme ainsi, avec beaucoup d’humour, le dessein d’une pratique à portée critique.
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