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L’imagerie constitue un autre outil d’analyse des composants de l’imaginaire touristique. Il ne s’agit pas ici de faire une étude de l’iconographie produite dans le cadre de la mise en tourisme du Costa Rica. Nous faisons le choix, au sein de cet article, d’aborder la question de la pratique photographique, entendue comme production d’un techno-imaginaire. L’appareil photographique se présente en effet comme l’outil indispensable du voyage et le rôle croissant qu’il joue au sein du voyage justifie le focus qu’il lui est accordé ici. Si la littérature relative au tourisme et à la photographie est très importante, c’est une expérience de terrain qui va nous permettre d’initier cette réflexion. En effet, les réactions d’un groupe d’enquêtés, liées au vol des appareils photos, à la suite d’un guet-apens, ont été révélatrices de la place occupé par cet outil, dans la mesure où le vol fut vécu comme un drame absolu allant jusqu’à s’interroger sur l’utilité même du séjour. De fait, il ne s’agit pas d’un simple appareil mais d’un véritable objet de collection, signifiant par là-même qu’il s’agit d’une affaire d’experts, donnant lieu à de longues conversations -dans une langue obscure pour le néophyte- sur les modèles et les types d’objectifs. Certains touristes prennent des cours de photographie : la professionnalisation n’est ainsi pas simplement dans le choix de l’appareil photographique mais dans l’usage qu’il en est fait. Tout porte à croire qu’il y a une technique tout comme il y a un art du voyage -entendu ici au sens du savoir-faire de l’artisan. Et il convient d’exercer cette technique au cours du voyage. A ce titre, tout est « photographiable ». L’appareil photographique devient alors un véritable intermédiaire de la réalité et il est intéressant de s’interroger sur les raisons qui conduisent le touriste à préférer le miroir à l’instantanéité de la vision. Nous pouvons ici émettre l’hypothèse que c’est précisément parce qu’il est possible de travailler sur cette réalité, de la transformer et de la conformer à ses attentes, que l’appareil photographique est devenu indispensable. Considérant la sophistication croissante de ces appareils, il est désormais possible de travailler sur la lumière, sur les angles…Il est possible de construire une surréalité et de matérialiser la subjectivité -inhérente à tout regard porté sur le paysage- via l’appareil photographique. Se dessine alors une performativité de l’imaginaire par la médiation de la technique. Cette ana
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