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Le mineral était nettoyé de ses impuretés et broyé pour sélectionner les particules de plus grande pureté. Puis on le mettait à décanter dans des bassins à eau. La fonte était fabriquée à proximité de la mine. Dans la mesure où la galène est un mineral de plomb à haute proportion d'argent, la première fonte donnait pour résultat un produit dans lequel les deux métaux, argent et plomb, se présentaient mélangés. Une seconde opération, la coupellation, séparait l'argent du plomb. On ignore tout de la condition des travailleurs des mines, s'ils étaient libres, serfs ou esclaves; s'ils dépendaient de l'armée ou de compagnies qui avaient obtenu de l'Etat la concession des exploitations. Au vu des mobiliers archéologiques retrouvés à l'intérieur des mines, on pense généralement que les exploitations d'Aiako Harria avaient commencé déjà à l'époque d'Auguste et que l'extraction se poursuivit de manière intensive pendant tout le Ier siècle de notre ère. Par la suite, il est possible que la production ait chuté ou même que les mines furent laissées à l'abandon au profit de sites plus productifs. De fait, elles tombèrent pratiquement dans l'oubli jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Elles furent alors redécouvertes par un ingénieur allemand, Juan Guillermo Thalacker, qui fut appelé par la famille Sein d'Oiartzun pour remettre en exploitation les mines d'Arditurri. Fin connaisseur de la plupart des mines romaines de la péninsule, il rédigea un rapport. Celui-ci, publié en 1802, décrivait les caractéristiques des galeries et les mettait sur le même plan que celles de Carthagène, Léon ou Rio Tinto. Son rapport fit autorité et devint une référence pour tous ceux qui se dédièrent à demander des concessions minières à la fin du XIXe. Identifiant, en effet, les travaux romains, ils accédaient aux filons qui n'avaient pas été épuisés, pour les remettre en exploitation. Mais pour ce faire, il leur fallait élargir les galeries, détruisant au passage les vestiges anciens; dans ce contexte, ils arrivèrent à exploiter les scories de plomb abandonnées qui contenaient toujours de l'argent en quantités suffisantes pour rentabiliser l'opération consistant à les transporter jusque la fonderie installée dans la baie de Pasaia, sur le site des Capuchinos. Ainsi s'explique la disparition d'un legs archéologique qui, s'il était demeuré tel qu'il fut conçu aux temps de Rome, ferait à coup sûr partie des références historiques des guipuzcoans.
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