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As a Christian anarchist, D.Berrigan became one of the ten most wanted fugitives on the FBI’s list in 1968, for his involvement in the anti-Vietnam war movements, while Corita left holy orders that same year, under pressure from the archdiocese, shocked by a 1964 work using a slogan for tomato sauce celebrating the Virgin Mary as “the juiciest of all”.
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En 1962, Sœur Mary Corita Kent, religieuse au couvent du Cœur Immaculé de Marie à Los Angeles, se rend à la Ferus Gallery pour y voir la fameuse exposition où Andy Warhol adopte la sérigraphie avec sa série Campbell’s Soup. « Sister Corita », comme on l’appelle, a rejoint les ordres à 18 ans, mais elle n’est pas novice en art et la sérigraphie est déjà son médium de prédilection. Elle a suivi des cours à Otis College of Art and Design, au Chouinard Art Institute et possède une maîtrise d’histoire de l’art de l’Université de Californie du Sud. Elle est depuis professeure à l’Université du Cœur Immaculé. Pourtant, ce moment va être déterminant et la conforter dans la direction qui fera d’elle la « Nonne du Pop Art ». Artiste, femme, pédagogue, et religieuse Corita ne rentre dans aucune case. Ses sérigraphies montrent une approche célébratoire de la société de consommation, en contrepied des tenants du Pop comme Robert Rauschenberg, Jasper Johns ou Richard Hamilton, chez qui les failles du matérialisme apparaissent plus froidement. 1962, c’est également l’année où Jean XXIII convoque le Concile Vatican II initiant un grand mouvement d’ouverture de l’Église à la culture contemporaine. Dans ce contexte d’émancipation, Corita s’approprie le langage de la publicité et laisse la couleur et les mots exploser de liberté. Slogans, paroles de chansons, versets bibliques et citations d’auteur·e·s s’inscrivent librement sur le papier dans une recontextualisation engagée, indissociable de sa foi, véhiculant des valeurs de tolérance mais aussi de résistance face aux inégalités.
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